Je pense - j'espère que tout le monde est d'accord - que les cours d'histoire ne sont pas et ne doivent pas être des cours de catéchisme.

Ceci dit, un professeur d’histoire me reproche amèrement la phrase en exergue de mon livre:

« Aux professeurs d’histoire qui, sans le savoir, enseignent une croyance religieuse. »

L’existence de Jésus est si mal documentée qu’elle n’est pas une affirmation d’histoire mais de foi. La croyance religieuse à laquelle j’ai fait allusion n’est pas la totalité de la doctrine chrétienne mais uniquement l’existence de Jésus.

La naissance du christianisme est enseignée en France dans les cours d’histoire des classes de sixième et de seconde dans un chapitre qui traite naturellement de Jésus. Je constate que, dans les manuels, la question fondamentale « Jésus a-t-il existé? » n’est pas posée et que l’existence du personnage est systématiquement admise comme évidente.

Un exemple rencontré sur la toile (site « maison des enseignants » http://lamaisondesenseignants.com/i...). On explique aux professeurs d’histoire de sixième comment aborder Jésus. Extrait :

« Des écueils à éviter - Faire une hagiographie de Jésus, tomber dans le récit de sa vie ou au contraire nier son existence. » etc.

Mais pourquoi est-ce donc un écueil ?

Le reste du texte n’est pas inintéressant. On y trouve le point de vue habituel, officiel et optimiste des spécialistes du Jésus historique. Par exemple ceci :

« Restent, pour établir l'historicité de Jésus, les sources chrétiennes qui traitées comme matériau historique (les fameux critères d'historicité évoqués plus haut) fournissent à l'historien des outils assez fiables pour écrire l'histoire de Jésus. »

… que je déments catégoriquement. Invoquer les « critères d’historicité » peut impressionner celui qui n’y regarde pas de trop près mais ces critères sont des outils d’une totale nullité qui ne permettent en aucun cas d’établir l’historicité de quoi que ce soit (voir mon chapitre 13).