L’existence de Jésus est une affirmation de foi et non d’Histoire

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Questions-réponses

Fil des billets - Fil des commentaires

mardi 10 mars 2009

Une encyclopédie?

Le “ Jésus historique ” est le domaine de recherche où l’on étudie tout ce qu’on peut savoir sur Jésus. L’ampleur du sujet est considérable et mon livre n’est pas une encyclopédie du Jésus historique (cette encyclopédie existe: “ Un certain Juif Jésus ” de John P. Meier. Quatre tomes et plus de 3000 pages aux éditions du Cerf).

Le but du livre est de tenter de répondre à la question “ Jésus a-t-il existé ? ” Je me suis donc limité à ce qui a un rapport direct avec la question... et certains lecteurs me l'ont reproché, particulièrement sur les points suivants:

- depuis plus de deux siècles des historiens et/ou théologiens ont tenté d’établir un savoir assuré sur l’histoire de Jésus. Pour intéressante que soit cette succession de tentatives, elle n’apporte rien au débat actuel. Comme de plus, il est très facile de se documenter à ce sujet (taper “ troisième quête ” sur un bon moteur de recherche), mon lecteur ne pâtira pas de cette lacune.

- parallèlement d’autres auteurs ont donné de bons arguments contre l’existence de Jésus. Je n’ai pas jugé utile d’en faire l’historique. Pour cela, taper “ thèse mythiste ”. Voir aussi le billet “ les mythistes ” sur ce blog.

- ma bibliographie a également été critiquée puisque, évidemment, elle n’est pas exhaustive. Voir le billet “ ma bibliographie ” sur ce blog.

Malgré ces incontestables lacunes, “ Une invention nommée Jésus ” fournit suffisamment d’informations, à charge et à décharge, pour permettre au lecteur de se faire une opinion fondée.

mardi 03 mars 2009

Les contradictions

L'existence de Jésus repose sur les évangiles dont la fiabilité est assez faible, entre autres raisons car ils se contredisent (on trouvera dans "Une invention nommée Jésus" un échantillon commenté de contradictions évangéliques). Il s'agit là d'un grave problème pour les chercheurs (dits fondamentalistes) qui estiment que tout, ou presque tout, ce que disent les évangiles est exact.

J’ai signalé (page 202) que les fondamentalistes cherchent à établir que ces contradictions ne sont qu’apparentes. Un visiteur me demande détails et références. Il peut consulter “ il a souffert sous Ponce Pilate ” de Vittorio Messori, François-Xavier de Guibert, 1995 ou “ Les Évangiles sont des reportages ” de Marie-Christine Ceruti-Cendrier, Pierre Téqui, 1997. Voici la solution à la première des contradictions qu’examine le livre de Messori. Il s’agit de la mort de Judas personnage qui a trépassé de deux façons fort différentes.

D’après l’évangile selon Matthieu, Judas « s’en alla se pendre » (Matthieu 27,5). D’après les Actes des Apôtres, « tombé la tête en avant, il a crevé par le milieu et toutes ses entrailles se sont répandues » (Actes 1,18).

Laissons la parole à Messori: « Examinons de près, alors, en commençant par les deux versions de la mort. Versions qui en réalité, pour beaucoup, ne se contrediraient pas, mais se compléteraient. En est convaincu, entre autres, Joseph Ricciotti, l’illustre exégète auteur d’une « Vie de Jésus-Christ » parue pour la première fois en 1941, mais qui compte encore aujourd’hui parmi les plus autorisées et les plus répandues. Elle dit: « De la fin de Judas nous avons une double relation avec des divergences intéressantes qui ont une valeur particulière pour confirmer l’identité substantielle du fait. Matthieu ne parle que de la pendaison. Luc, au contraire, a conservé la tradition selon laquelle Judas « est tombé la tête la première, a éclaté par le milieu en répandant toutes ses entrailles. » Ricciotti continue: « Les deux relations semblent se rapporter à deux moments divers du même fait: d’abord Judas se pendit, puis la branche de l’arbre ou la corde à laquelle il était pendu se rompit, peut-être par les secousses convulsives, et alors le suicidé fut précipité en bas. » Et donc, conclut le fameux exégète, « il serait légitime d’imaginer que l’arbre se trouvait sur le bord de quelque ravin, en sorte que la chute ait produit sur le corps du suicidé les conséquences, dont parle la relation de Luc dans les Actes. » » (“ il a souffert sous Ponce Pilate ”, page 30).

Personnellement, je trouve qu’un trésor d’imagination est déployé pour torturer les textes afin de leur faire avouer ce qu’ils n’ont jamais voulu dire. Les pages suivantes où Messori développe et amplifie l’idée ne font que confirmer ma première impression.

dimanche 01 mars 2009

La datation des évangiles

Les spécialistes du Jésus historique sont-ils des gens crédibles ? À en juger par certains de leurs raisonnements, on peut en douter. J’ai déjà signalé de graves insuffisances dans les méthodes et les arguments qui leur permettent d’affirmer que Jésus a existé. Sans que cela ait de rapport direct avec l’existence de Jésus, je constate que les spécialistes mettent bien souvent le simple bon sens à rude épreuve lorsqu’il s’agit d’établir des dates.

Il est généralement admis que l’évangile selon Marc a été écrit aux environs de l’an 70, ceux de Matthieu et de Luc dix ou vingt ans plus tard et celui de Jean vers la fin du premier siècle (consulter internet, n’importe quel dictionnaire ou les notes de n’importe quelle Bible). L’an 70 est un repère important puisqu'il est la date d’un événement considérable pour les Juifs de Palestine : la destruction de Jérusalem et de son Temple par les Romains.

Un cercle vicieux

Le faux pas que commet ici Brown (un des plus estimés des spécialistes du Jésus historique) me parait symptomatique de la difficulté de défendre ces dates.

L'analyse des évangiles suggère que les auteurs des évangiles selon Matthieu et selon Luc ont utilisé l'évangile selon Marc. Marc aurait donc précédé Matthieu et Luc. Jusque là j'arrive à comprendre... mais la suite est plus problématique:

- Marc a été écrit avant 70 car Matthieu et Luc ont été écrits après 70.

- Matthieu et Luc ont été écrits après 70 car Marc a été écrit avant 70.

En effet:

Datation de Marc: « Si Marc a été utilisé indépendamment par Matthieu et par Luc, et si ceux-ci ont été écrits durant les années 80 ou au début des années 90, comme le pensent la plupart des spécialistes, une date au-delà de (après) 75 semble improbable. » (Raymond E. Brown. « Que sait-on du Nouveau Testament ? », 1997. Page 205).

Datation de Matthieu: « Sans doute le meilleur argument pour une datation postérieure à 70 est-il la dépendance de Matthieu par rapport à Marc, évangile communément daté de la période 68-73. » (même livre page 259).

Datation de Luc: « Que Luc ait utilisé Marc est très plausible à partir des indices internes; et si l’on doit dater Marc de la période 68-73, une date antérieure à 80 pour Luc est incertaine. » (même livre page 314).

Le cercle vicieux est bouclé!

Examinons plus en détail le cas de l’évangile selon Jean

« Est-il possible de préciser quand l’évangéliste a composé son œuvre ? Le seul contexte historique qui soit explicitement évoqué dans l’évangile selon Jean est l’affrontement des disciples avec la synagogue et en particulier leur exclusion de celle-ci (9,22; 12,42; 16,2). Quelle qu’ait été sa forme, cette exclusion se situe dans les années 80-90 (...) La mise en évidence du contexte polémique dans lequel prend place l’évangile permet sa datation: il a été composé après la rupture d’avec la synagogue pharisienne, c’est-à-dire après 85. » (Daniel Marguerat (autre grand nom de la recherche sur le Jésus historique), « Introduction au Nouveau Testament ». Labor et fides, 2000. Page 361).

Le raisonnement est classique chez les commentateurs des évangiles mais il peut échapper au visiteur de ce site. Reformulons. Les évangiles racontent l’histoire de Jésus (qui se déroule aux alentours de l’an 30) et ont été écrits quelques dizaines d’années plus tard. Dans cette histoire, certains éléments ont été ajoutés par les auteurs des évangiles. Ces éléments sont souvent des paroles attribuées à Jésus placées là pour exprimer les préoccupations des auteurs et de leur époque. La connaissance de cette époque permet de dater les évangiles.

Voici les trois passages utilisés par Daniel Marguerat pour dater l’évangile selon Jean.

Jean 9,22: Les parents disaient cela parce qu’ils craignaient les Juifs, car les Juifs étaient déjà convenus que quiconque avouerait Jésus pour christ serait excommunié.

Jean 12,42: Pourtant, même parmi les chefs, beaucoup se fièrent à lui (Jésus), mais à cause des pharisiens, ils ne l’avouaient pas pour ne pas être excommuniés.

Jean 16,2: Ils vont vous excommunier. L’heure vient même où quiconque vous tuera pensera rendre un culte à Dieu (c’est Jésus qui parle).

Il est clairement question d’une hostilité des Juifs envers les disciples de Jésus, hostilité qui se manifeste par leur excommunication. Jusque là, le raisonnement de Daniel Marguerat me paraît correct.

La suite est plus problématique. Qu’est-ce qui permet d’affirmer que les disciples de Jésus n’ont pas été "excommuniés" par les Juifs avant les années 80-90 ?

Il existe en effet des attestations de persécutions contre les chrétiens très antérieures aux années 80. On les rencontre dans le Nouveau Testament (recueil des écrits sacrés des chrétiens qui contient, entre autres, les évangiles, les Actes des Apôtres et les lettres de Paul). Avant d’être chrétien, Paul était un Juif qui persécutait les chrétiens. En effet:

Actes 8,1-3: Or ce jour-là il y eut une grande persécution contre l’église de Jérusalem (...) Quant à Saul (autre nom de Paul), il malmenait l’Église, entrant dans les maisons et traînant des hommes et des femmes qu’il faisait jeter en prison.

Actes 9,1-2: Paul, qui exhalait encore la menace et le meurtre à l'égard des disciples du Seigneur, s'approcha du grand prêtre (la plus haute autorité religieuse juive) et lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas, afin de lier hommes et femmes qu'il trouverait de cette voie...

Actes 22,4: j’ai persécuté à mort cette voie, faisant lier et jeter en prison hommes et femmes...

Voir aussi Actes 26,9-14.

1 Corinthiens 15,9: moi qui poursuivais l’Église de Dieu.

Paul n'a cessé de "persécuter à mort" les chrétiens que quand il s'est converti. Cette conversion datant des années 32 à 34 (s’il faut en croire Daniel Marguerat, page 136), les persécutions ont commencé avant. En outre, la première lettre de Paul aux Corinthiens citée plus haut est datée du début des années 50 (même ouvrage, page 193). De plus, des traces d’hostilité des Juifs envers les chrétiens apparaissent aussi dans les trois autres évangiles qui, eux, bénéficient de datations sensiblement antérieures à celle de Jean.

Marc 13,9: Prenez garde à vous-mêmes: on vous livrera aux sanhédrins, vous serez battus dans les synagogues et, à cause de moi, vous comparaîtrez devant des gouverneurs et des rois, en témoignage devant eux.

Luc 21,12: Mais avant tout cela ils mettront la main sur vous, ils vous poursuivront, vous livrant aux synagogues et aux prisons, vous emmenant devant des rois et des gouverneurs à cause de mon nom.

Matthieu 10,17: Prenez garde aux hommes: ils vous livreront aux sanhédrins (le tribunal religieux juif), ils vous fouetteront dans leurs synagogues;

La situation qui transparaît dans l’évangile de Jean n’est pas pire pour les chrétiens que celle que l’on devine dans les autres évangiles. On se demande pourquoi ce qui repousse l’évangile selon Jean à la fin du premier siècle n’a pas le même effet pour ceux de Matthieu, Marc et Luc. Il faudrait plus de place pour examiner en détail le traitement des ces trois évangiles mais il n’est pas meilleur. Les dates qui en résultent sont pourtant universellement admises chez les spécialistes du Jésus historique et autres universitaires. Et bien au-delà.

Comment se fait-il que des professionnels réputés se contentent de raisonnements aussi faibles ?

PS: amusant cercle vicieux dans "le Monde de la Bible" : "Quant à la séparation avec le judaïsme, elle est reflétée très clairement dans l'Évangile de Jean; elle est faite ou en train de se faire dans l'Évangile de Matthieu. Elle n'intervient donc que dans les dernières décennies du Ier siècle..." (Hors série printemps 2009 page 17, entretient avec Jacques Schlosser).

La séparation avec le judaïsme est datée d'après les évangiles et réciproquement.

dimanche 18 janvier 2009

Un professeur d'histoire

Je pense - j'espère que tout le monde est d'accord - que les cours d'histoire ne sont pas et ne doivent pas être des cours de catéchisme.

Ceci dit, un professeur d’histoire me reproche amèrement la phrase en exergue de mon livre:

« Aux professeurs d’histoire qui, sans le savoir, enseignent une croyance religieuse. »

L’existence de Jésus est si mal documentée qu’elle n’est pas une affirmation d’histoire mais de foi. La croyance religieuse à laquelle j’ai fait allusion n’est pas la totalité de la doctrine chrétienne mais uniquement l’existence de Jésus.

La naissance du christianisme est enseignée en France dans les cours d’histoire des classes de sixième et de seconde dans un chapitre qui traite naturellement de Jésus. Je constate que, dans les manuels, la question fondamentale « Jésus a-t-il existé? » n’est pas posée et que l’existence du personnage est systématiquement admise comme évidente.

Un exemple rencontré sur la toile (site « maison des enseignants » http://lamaisondesenseignants.com/i...). On explique aux professeurs d’histoire de sixième comment aborder Jésus. Extrait :

« Des écueils à éviter - Faire une hagiographie de Jésus, tomber dans le récit de sa vie ou au contraire nier son existence. » etc.

Mais pourquoi est-ce donc un écueil ?

Le reste du texte n’est pas inintéressant. On y trouve le point de vue habituel, officiel et optimiste des spécialistes du Jésus historique. Par exemple ceci :

« Restent, pour établir l'historicité de Jésus, les sources chrétiennes qui traitées comme matériau historique (les fameux critères d'historicité évoqués plus haut) fournissent à l'historien des outils assez fiables pour écrire l'histoire de Jésus. »

… que je déments catégoriquement. Invoquer les « critères d’historicité » peut impressionner celui qui n’y regarde pas de trop près mais ces critères sont des outils d’une totale nullité qui ne permettent en aucun cas d’établir l’historicité de quoi que ce soit (voir mon chapitre 13).

mercredi 14 janvier 2009

La religion

Suis-je un bouffeur de curés ?

Non. On ne me croira peut-être pas mais j’ai déjà insisté sur ce point: « je ne cherche pas à édifier ou à déplaire mais à savoir ce qui s’est passé en Palestine au premier siècle. » (page 8).

L’existence de Jésus est pour moi un point d’histoire.

Certes, je signale à plusieurs reprise que beaucoup des spécialistes que je critique sont des croyants, souvent prêtres catholiques. Ce n’est pourtant pas cela que je leur reproche, mais uniquement la mauvaise qualité de leurs arguments.

Alors, pourquoi signaler leur appartenance religieuse ?

D’une part pour suggérer que ma documentation, émanant principalement de prêtres, n’est pas suspecte d’être anticléricale.

D’autre part pour chercher à comprendre. Comment se fait-il que l’élite de la recherche sur le Jésus historique se contente d’arguments et de raisonnements aussi faibles ?

Une explication possible est que la foi d’une part importante de ces chercheurs les conduise à un regrettable manque de rigueur. Ou que l’autorité du Vatican, à qui il arrive de sanctionner les dissidents, n’ait un rôle dissuasif. On peut aussi penser à un classique conformisme de chercheurs soucieux du bon déroulement de leur carrière et qui ont donc intérêt à ne pas trop déplaire (et cela peut concerner les chercheurs non croyants).

Tout cela n’est que spéculation et je n’ai pas d’explication assurée pour les carences que je constate dans la recherche sur le Jésus historique.

J’estime cependant les avoir nettement mises en évidence (voir mes chapitre 12 et 13 ainsi que l’annexe 3).

J’ai également examiné des textes officiels du Vatican limitant la liberté des chercheurs catholiques (au chapitre 11). Je ne sais pas à quel point ces textes sont contraignants mais cela montre qu’il y règne un état d’esprit contraire à la démarche scientifique et donc propice à la perpétuation d’erreurs vénérables.

samedi 10 janvier 2009

Ma bibliographie

Des lecteurs mythistes (qui pensent que Jésus n'a pas existé) me reprochent de ne pas avoir cité de livre mythiste (voir le billet "les mythistes" dans la catégorie "questions-réponses").

Un lecteur antimythiste (qui conteste les mythistes, c'est un néologisme, pour l'instant il n'apparait qu'ici sur Google) me reproche d’autres lacunes.

Voici donc quelques explications.

Pour que mon propos soit crédible et facilement vérifiable, j'ai principalement utilisé les ouvrages

- écrits par des spécialistes reconnus

- écrits ou traduits en français

- accessibles en librairie ou en bibliothèque

Il existe des bons auteurs plus anciens (Guignebert, Loisy, Goguel et Bultmann) mais je n’ai rien trouvé chez eux qu’on ne trouve chez les spécialistes récents. Je ne les ai donc pas utilisés.

D’autres bons auteurs traitent du Jésus historique mais sans aborder le problème de son existence, je ne les ai pas cités non plus (je pense particulièrement à Nodet et à Vermes).

Dans ces limites, je crois que ma bibliographie est complète. Si un lecteur estime qu’il y manque quelque chose d’important, je le prie de me le faire savoir.

Bien sûr il manque les auteurs non traduits en français et les revues professionnelles mais ma bibliographie, telle qu’elle est, me paraît cependant suffisante pour établir que

- Jésus n’est attesté que par des documents religieux

- ces documents ne sont pas fiables

- Jésus a toutes les apparences d’un personnage inventé pour des raisons théologiques

- les arguments des spécialistes en faveur de l’existence de Jésus ne valent rien

- bref, que l’existence de Jésus est une affirmation de foi et non d’histoire

Bien sûr, peut-être qu’ailleurs il existe de bons arguments pour attester que Jésus a existé. Mais alors, pourquoi ne sont-ils pas repris par nos auteurs francophones ni diffusés dans une production éditoriale pourtant pléthorique ?

Si un lecteur connaît un de ces bons arguments, je le prie de me le faire savoir. Un blog peut servir à cela.

Les antimythistes

Ils contestent ceux qui contestent l’existence de Jésus.

On trouve leur production en tapant "mythistes" sur un bon moteur de recherche.

À mon sens le meilleur site antimythiste est http://archeboc.free.fr/mytheJesus/

Excellent site, avec de nombreux liens. Je n’ai presque rien à redire sur les critiques adressées à mes prédécesseurs mythistes.

En revanche, il trébuche à la fin, quand il essaie d’établir l’existence de Jésus. La démonstration embrouillée à souhait est tout sauf convaincante.

Voir "Les mythistes" dans la catégorie "questions-réponses" de ce blog.

dimanche 21 décembre 2008

Les mythistes

Des lecteurs me reprochent de ne pas citer les auteurs mythistes. Je m’en explique page 201. Le visiteur trouvera cette page au bas de ce billet.

Auparavant, voici quelques points sur lesquels je m’écarte des auteurs mythistes (ou de certains d’entre eux):

- je tiens compte des travaux des spécialistes récents. Quand on propose une thèse contraire à ce qui est massivement admis, il me semble que la première chose à faire est de dire pourquoi la position habituelle ne convient pas.

- je ne conteste pas l’authenticité des témoignages de Pline, Tacite ou Suétone.

- je ne reprends pas l’argument du silence des nombreux auteurs des Ier et IIe siècle qui ne mentionnent pas Jésus.

- je n’affirme pas que les évangiles ont été écrits tardivement (IIe ou IIIe siècle).

- je ne cherche pas d’origines païennes à l’histoire de Jésus.

D’autre arguments m’ont paru meilleurs, mieux documentés ou plus convainquants. Je laisse à d’autres le soin de développer ceux que j’ai écarté.

Je demande simplement aux habitués des livres mythistes de ne pas dédaigner "Une invention nommée Jésus" pour la seule raison qu’ils n'y trouveront pas ce qu’ils connaissent déjà.

Page 201 de « Une invention nommée Jésus ».

À ma connaissance, le premier ouvrage contestant l’existence de Jésus est Origine de tous les cultes de Charles-François Dupuis en 1794. Beaucoup d’autres ont suivi. Particulièrement en France pendant les trois premiers quarts du XXe siècle. Les ouvrages de ce courant dit « rationaliste » sont épuisés depuis longtemps à l’exception d’un recueil de textes de Prosper Alfaric (1876-1955) réédité par Michel Onfray: Jésus a-t-il existé? Coda 2005. Les autres ne sont pas tout à fait introuvables. Le lecteur peut chercher les ouvrages de Paul-Louis Couchoud, Georges Ory, Guy Fau ou Georges Las Vergnas.

Un ouvrage plus récent est disponible en librairie: Patrick Boistier, Jésus, anatomie d’un mythe, A l’Orient, 2000. Sur internet, www.blanrue.com/jesus est tout à fait représentatif du courant rationaliste . Jésus? de Michel Gozard (Publibook, 2003) est sensiblement différent. On peut le commander auprès de l’auteur. Chercher sur internet.

Il faut pourtant constater que malgré deux siècles d’efforts les rationalistes n’ont guère été entendus. L’histoire officielle, celle qui est enseignée, soutient encore sans réserve l’existence de Jésus.

Ayant l’ambition de convaincre davantage, je me suis sensiblement écarté de la démarche de mes prédécesseurs. Je n’ai retenu qu’une partie de leur argumentation et ma documentation se limite aux travaux incontestés des meilleurs spécialistes du Jésus historique. C’est pourquoi, malgré toute la sympathie que j’ai pour mes prédécesseurs, leurs écrits n’apparaissent pas dans cet ouvrage.